Au Venezuela, le d├ępassement de l'ignoble

Vladimir Caller, le .

Le scoop ne vient pas du 'Drapeau Rouge'. C'est le quotidien de la bourse américaine "Wall Street Journal" qui ce vendredi 25 faisait la révélation dans un article présenté dans sa première page titrant : «Pence promet un soutien américain à la veille de la décision du chef de l’opposition vénézuélienne » où il est fait état d'un coup de téléphone du Vice-président des Etats Unis Mike Pence à Juan Guaido, l'auto proclamé Président de Venezuela, la nuit précédant cette pseudo proclamation. Et le quotidien des affaires, peu suspect de chavisme, de préciser : «Le plan secret de l'administration Trump de soutenir l'opposant Guaido avait été soigneusement coordonné et préconçu »1

A noter également qu'on n'avais jamais vu un tel empressement dans l'histoire de la diplomatie internationale pour la reconnaissance d'un nouveau "mandataire". En effet, la Maison Blanche a tardé 3 minutes pile pour reconnaitre son poulain comme nouveau président. Dans cette course contre la montre, l'Organisation des Etats Américains (OEA; organisme créé par les Etats Unis de temps de John Foster Dulles) a été un peu plus lente : 4 minutes. On peut les excuser de ce retard : ils attendaient peut-être la voix du maître. En tout cas, on est tenté de croire que l'impatience est forte chez ceux qui ne supportent plus que l'héritage chaviste puisse rester vivant.

De tout façon, diplomatie ou pas, le même Pence avait appelé quelques jours avant aux militaires vénézuéliens à la désobéissance. De même, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a eu des contacts téléphoniques avec Guaidó, le félicitant d’unifier l’opposition vénézuélienne, deux semaines avant l’auto proclamation.

D'un autre côté l'agence Bloomberg spécialisé dans la finance international rapporte que la Banque d'Angleterre a refusé de rendre au Venezuela les réserves d'or d'une valeur de 1,2 milliards de dollars, sollicités par le pays propriétaire, et que cette banque détient dans ses caves. Le refus, dixit Bloomberg, fait suite à une demande des Etats Unis.

Mais le plus ignoble n'est pas là. La prime revient à la jeune marionnette Guaido qui a applaudi sans réserve l'attitude néocoloniale de la banque anglaise et de ses mentors au Pentagone. Il s'est réjoui de cette abjecte appropriation en attendant profiter, lui, des lingots retenus.

Ainsi, la violente agression contre le pays de Bolivar ne connaît pas de limites. Le porte-parole du Ministère de la défense Eric Pahon a déclarait à la CNN que dans le cadre de la situation vénézuélienne, « le Pentagone élaborait des plans d'actions pour des situations d'urgence et était prêt à soutenir les efforts de l'administration visant à défendre les intérêts nationaux et ceux des citoyens américains ».

Tous ces ignobles comportements n'émeuvent pas Monsieur Macron connu pour être plus "pentagoniste" que le Pentagone lui-même, comme les événements en Syrie le prouvent. Il s'est associé à Mme Merkel et le "socialiste" espagnol Sanchez pour envoyer un ultimatum à Nicolas Maduro selon lequel si ce dernier ne convoque aux élections dans les 8 jours ils reconnaitront le jeune vassal autoproclamé comme président de Venezuela. Décision qui, venant de Merkel et Macron ne devrait pas nous étonner mais lorsqu'on voit le "socialiste" Sanchez y adhérer on ne peut que penser qu'il n'est que le digne héritier de Gustav Noske, le social-démocrate allemand complice de l'assassinat de Rosa Luxembourg. 

Heureusement que l'honneur n'est pas perdu partout. Ni l'humour. Dans un tweet envoyé à Macron le président Maduro commine à son tour le français à « convoquer des élections dans les 8 jours autrement le Venezuela reconnaitra Eric Drouet (militant Gilets jaunes) comme le nouveau président français ». Puisse ce tweet se réaliser enfin!

1. https://www.wsj.com/articles/a-call-from-pence-helped-set-an-uncertain-new-course-in-venezuela-11548430259

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