Hong Kong : Cherche répression désespérément

Ce 1er octobre, après 6 mois de troubles "pro-démocratie", Hong-Kong compte son premier blessé par balle réelle. Grande effervescence dans la presse internationale. « La fête nationale chinoise tourne au désastre à Hongkong » jubile Le Monde, « la Chine fête ses 70 ans dans la répression », titre BFMTV. RFI espérait déjà tenir le premier mort de la répression chinoise : « Hong Kong: les manifestants commémorent la mort par balle d'un étudiant » titrait-elle un peu prématurément.

La vidéo de ce qui s’est passé montre un policier jeté à terre et attaqué par une dizaine d’émeutiers à coup de marteau et de barres de fer, un groupe d’autres policiers accourir à leur tour attaqués à coup de barre de fer, et l’un d’entre eux tirer pour se dégager, et sauver le collègue. Surement un manque de sang-froid, de stoïcisme... Il est en tout cas assez vraisemblable que les réactions auraient été assez différentes si la même scène de lynchage à coup de marteau s’étaient déroulées aux USA, en France, en Belgique - ou dans n’importe quel autre pays démocratique.

La fable des « manifestations pacifiques », encore en cours au mois d’août, est devenue impossible à maintenir. La violence de ceux qu’on continue à appeler les « manifestants pro-démocratie » a atteint des niveaux inouïs, face auxquels des risques de dérapages des forces de l’ordre deviennent de plus en plus probables.

C’est bien ce qu’espérait et théorisait déjà dès juin, l’un des leaders du mouvement dans les colonnes du New York Times : les manifestants, disait-il, doivent « utiliser les actions non-violentes les plus agressives possibles pour inciter la police à réagir avec une force inutile […]. Les manifestants devraient intensifier de manière réfléchie la non-violence, voire même recourir à une force modérée, pour pousser le gouvernement à bout ». Ils ont du pousser assez loin les frontières de la ‘force modérée non violente’ pour y parvenir.

Car comme le montrait presque malgré lui, le reportage d’un jeune français supporteur des chemises noires de Hong Kong, les forces de répression du régime font manifestement preuve d’une très grande retenue, qui serait impensable dans nos démocraties :

« […] ici la police n’interviendra pas tant qu’elle n’est pas touchée. Les policiers chargent après les premiers jets de pierre. 
Donc ces barricades, sciage de lampadaires et j’en passe ne se montent pas en 10 minutes mais plutôt en 2 heures dans un face à face étonnant avec les policiers qui attendent de voir le premier pavé voler pour pouvoir non pas charger mais annoncer 10 minutes à l’avance qu’ils vont faire usage de tirs de lacrymogène, le tout grâce à des panneaux suffisamment visibles. 
Ensuite ces dits gaz seront utilisés avec parcimonie. En effet l’usage de gaz pour les hongkongais est une action extrêmement violente donc rare. De même pour le canon à eau, leur utilisation il y a quelques jours a choqué l’opinion publique et c’est suite à l’aval du parlement que l’utilisation aura été rendue possible. »

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