Le gouvernement fédéral continue à s’opposer aux rapatriements des enfants belges

Le ministre démocrate-chrétien de la Justice a confirmé ce jeudi que le Gouvernement Fédéral fera appel de l’ordonnance du tribunal de rapatrier une femme belge et ses deux enfants, détenue dans un camp en Syrie.

Le raisonnement ‘chrétien’ est qu’ « on ne peut pas séparer les enfants de leur mère. » ...Et pourquoi alors ne pas rapatrier les mères ? Là Koen Geens se dissimule derrière la position officielle de l’Europe : « La position européenne est qu’il est préférable qu'ils soient jugés dans la région. On a négocié pour que la justice irakienne puisse juger ces 'foreign fighters' dans le respect des droits de l'homme.(sic) »

Une cinquantaines d’enfants belges ont été identifiés dans les camps, la plupart ont moins de 6 ans, où ils vivent dans des conditions épouvantables, mal nourris et sans accès aux soins. « Si l’État belge ne bouge pas, on n’aura plus que des morts », déplore une des grand-mères, prête à accueillir ses petits enfants de 1 à 4 ans.

Comme le mettent en garde des organisations telles que Child Focus, la politique actuelle annonce inexorablement les désastres de demain. Que vont devenir ces dizaines d’enfants rejetés ? Que signifiera la Belgique, et l’Europe pour eux ?

Mais on peut également apprécier comment les pays riches se déchargent avec grande légèreté de leur propres ressortissants sur des pays détruits par les guerres et les embargos occidentaux. Dont bien des jeunes que notre propre politique d’exclusion a mené à la délinquance. Entre 2011 et (au moins) 2014 les aspirants jihadistes étaient encouragés à aller en Syrie, en particulier via une propagande continue contre « le régime de Bashar-qui-massacre-les-enfants » :

  • Sur la vidéo, la jeune femme [cousine d’Abaaoud], parle de son cousin parti en Syrie [...] « Moi je pense que c’est un bon choix parce qu’il a voulu faire le djihad en Syrie, voilà. Après, il est là pour aider parce qu’il y a la guerre.[...] J’ai envie de partir en Syrie. La Syrie souffre, souffre tous les jours, comme la Palestine. Donc pour moi, voilà, je veux partir là-bas, et les aider… Oui, c’est vrai, j’ai envie de partir en Syrie. » (le Soir avril 2016)
  • La DH : Quelqu’un vous a-t-il encouragé à partir ?
    “Non. On parlait entre nous, dans le quartier, de ce qui se passait en Syrie. Je me disais que ce n’était pas interdit par la loi d’aller les aider vu que François Hollande et Hilary Clinton en parlaient.” (D.H., mars 2013)
  • Didier Reynders fait aussi la distinction avec "ces jeunes qui, peut-être par idéalisme, vont travailler dans l'humanitaire ou se battre aux côtés de l'armée syrienne de libération ; on leur construira peut-être un monument comme héros d'une révolution". (RTL, 26 avril 2013)
  • « J’ai recueilli un autre témoignage plus accablant encore, de la part d’une personne qui siégeait dans les instances gouvernementales. Lors d’une réunion restreinte, une personnalité de haut niveau avait émis l’hypothèse que l’on aide les candidats au départ en leur fournissant des armes. » (Philippe Moureaux, 2016)
  • « Il est frappant de constater que dans certains quartiers de Vilvorde, la criminalité a baissé […] Les combattants ‘syriens’ [belges partis en jihad] vraiment dangereux mourront sur le champ de bataille ! Nous ne souffrirons plus. Les autres combattants ‘syriens’ qui mènent la guerre sainte parce qu’ils sont convaincus de la création de cet Etat Islamique, ceux-là iront se battre ailleurs, en Jordanie, au Soudan, en Somalie… Ces combattants ne reviendront pas. La plupart des jeunes ne veulent pas rentrer, on ne doit pas craindre leur retour. » (un fonctionnaire dans « Qui sont ces belges partis en Syrie » VRT, 2014)

Qu’est-ce que l’Irak, que l’on presse maintenant à "accueillir" - ou à pendre- les jihadistes européens, a à voir avec nos délinquants quasiment envoyés en Syrie pour détruire le gouvernement Syrien ?

 

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