Une sénatrice de droite s'auto-proclame présidente de la Bolivie

La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est auto-proclamée présidente de la Bolivie face à un parlement à moitié vide, où seuls étaient présents des senateurs de droite. Elle a ensuite pénétré dans le palais présidentiel en tenant une énorme Bible à bout de bras et en s'écriant « La Bible est revenue dans le palais ! » (photo). Evo Morales avait mis fin au rituel consistant à faire jurer, sur la Bible, les fonctionnaires «pour Dieu et la Patrie», avant de signer et prendre leurs fonctions. Retour à l'ordre...

Telesur a publié des anciens tweet de cette senatrice où elle exprimait un amour tout chrétien envers la majorité indigène du pays (62%) "Je rêve d'une Bolivie libérée des rites sataniques indigènes. La ville n'est pas aux Indiens, qu'ils aillent dans les hauts plateaux, ou à El Chaco!"

Depuis le Mexique où il a du se réfugier, Evo Morales a dénoncé cette auto-proclamation qui « viole la Constitution politique de l'État plurinational de Bolivie et les normes internes de l'Assemblée législative ». « Le coup d'Etat le plus astucieux et le plus désastreux de l'histoire a eu lieu ». écrit-il sur Twitter. « Une sénatrice de droite se nomme présidente du Sénat, puis présidente par intérim de la Bolivie, sans quorum, entourée d'un groupe de complices et soutenue par les forces armées et la police, qui réprime le peuple »

Le "président" auto-proclamé du vénézuelien a été évidemment parmi les premiers à féliciter la "présidente" auto-proclamée bolivienne :  « Vous êtes une inspiration pour notre pays ! »

mise à jour (15 novembre) : La première décision de politique étrangère de Jeanine Añez a été de reconnaître, le 14 novembre Juan Guaido en tant que président du Venezuela. 

Le gouvernement issu du coup d'état, présenté comme un "gouvernement de transition" "qui ne prendra aucune décision importante" selon ses propres termes, s'est empressé d'annoncer l'expulsion prochaine de l'ensemble du personnel diplomatique vénézuélien et de celui de Cuba, son retrait de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), et de l'Unasur, créée en 2008 à l'initiative d'Hugo Chavez et d'Inacio Lula de Silva.

L'armée qui s'était montré si impuissante à enpêcher les manifestations violentes des opposants au président Morales, a soudain retrouvé tous les moyens pour bloquer les manifestations de protestations contre le coup d'état. Au moins 5 paysans andins ont été abattus sous les balles des militaires, et il y a un nombre indéterminés de blessés. 

Mais comme cela ne se passe pas au Nicaragua ou au Venezuela, on n'en parle pas.

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