Le Brexit, leur Europe, nos luttes

 

« L'événement le plus important depuis la chute du mur de Berlin » fut l'expression utilisée par le responsable français de l'agence de notation Standard & Poor's faisant référence à la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne. L'évaluation politique ne semble pas exagérée si on la met en relation avec l'énorme déploiement de forces dépensées par les grandes institutions (FMI, Banque Mondiale, OMC, OCDE) et des personnalités politiques de haut niveau, dont le Président Obama, pour dire aux votants britanniques qu'il ne fallait, surtout pas, voter pour le "leave" (sortir) de l'UE. En effet, tout est justifiable s'il s'agit d'éviter la chute – cette fois – du mur de la City.

Mais le peuple du Royaume, en votant majoritairement « out » s'est permis de ne pas suivre de si bien intentionnées recommandations. Plus « shocking » encore, ce sont les petites gens du pays, les chômeurs, les précaires, qui ont décidé de ce résultat historique. On comprend alors la rage et le mépris d'un BHL ou d'un Alain Minc lorsque ce dernier résume le résultat en écrivant : « Ce référendum est la victoire des gens peu formés sur des gens éduqués » et, sans la moindre gêne, propose tout simplement de se moquer du vote : « Nous devrions aider les Britanniques à ne pas sortir de l'UE au lieu d'accélérer leur départ ». Voilà, s'il en fallait une preuve, les limites de la définition de la démocratie chez les gens bien, bien éduqués surtout.

 

Victoire d'un peuple qui avait pris conscience de la nature même de cette construction européenne qui a fait de la recherche, sans scrupules, du profit une religion dont le mécanisme de base est la compression des salaires des travailleurs, la diminution si pas l'abandon tout court de leurs acquis sociaux. Politiques, en plus, étendues à toute l'Europe et qui provoquent des mobilisations salutaires comme celles des travailleurs français contre la loi El Khomri, ou chez nous la grève générale du 24 juin et autres actions de révolte contre la loi Peeters qui réclament prolongation. Et les raisons ne manquent pas. Ainsi, la proposition de la ministre de travail Maggie De Block prévoyant de remettre au travail les malades de longue durée ou les coupes budgétaires prévues par le Ministre Koen Geens au détriment du fonctionnement de la Justice. Mesures soi disant pour assainir le budget du pays et pour alléger sa situation débitrice. Pourtant, en même temps ce gouvernement se propose de financer l'envoi d'avions de chasse pour participer à la guerre en Syrie et de dépenser une quinzaine de milliards d'euros dans l'achat des avions de chasse F-35. Oui, la rentrée sera chaude à la mesure du mépris dont fait preuve ce gouvernement envers les aspirations de notre peuple.

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