Communales 2018 : le bilan et les leçons

Paul Marcus et Marie-France Deprez, le .

Au lendemain des résultats électoraux, la FGTB wallonne a lancé un appel rappelant que "Depuis plus d’un an, la FGTB wallonne appelle à une coalition PS/PTB/ECOLO si le résultat des urnes le permet. Cet appel prend aujourd’hui tout son sens puisque la réalité électorale donne raison à nos projections. Les citoyennes et citoyens ont exprimé un rejet des politiques de droite mais surtout une adhésion à des politiques sociales plus radicales, et à un projet qui place l’écologie au centre des priorités. La progression d’Ecolo et la percée du PTB dans plusieurs grandes villes renforcent considérablement la gauche dans son ensemble. Leurs résultats offrent surtout la possibilité de former des coalitions de gauche… Il faut saisir cette opportunité. L’alternative aux politiques libérales commence aujourd’hui. La responsabilité de la gauche est historique. L’occasion aussi".

Les médias ont parlé de vague verte et de percée rouge...

Il est clair que les électeurs de Wallonie et Bruxelles ont plébiscité le changement, en sanctionnant les formations traditionnelles. Ils ont exprimé ce besoin clair en condamnant le MR , en punissant le CDH ( on peut penser que le coup de force au Parlement wallon n'a pas été oublié) et en sanctionnant le PS ( plus qu'éclaboussé par les affaires: Publifin, le SAMU social etc.) . Ils ont voté partout où cela leur était possible pour le PTB donnant à ce Parti mandat pour aider à réaliser ce virage à gauche tant attendu. A signaler aussi le fait que dans des villes aussi importantes que Liège et Bruxelles la présence du Parti communiste n'a pas effrayé les électeurs bien au contraire; le nombre honorable de votes de préférence obtenus par nos candidats le prouve. A Seraing, le résultat de la camarade Fernande Servais nous permet de conserver notre siège dans cette commune aux côtés des 10 élus PTB. Ces signes nous encouragent à persévérer dans nos batailles.

Au regard du programme clairement exprimé par le PTB d'une volonté de changer les conditions de vie des citoyens de plus en plus précarisés, d'améliorer les conditions de logement, d’accès à l'enseignement et à la santé, de mobilité en favorisant le développement des transports en commun, on se rend compte que le PTB est allé à la rencontre des besoins des gens. Rappelons que leur programme s'est élaboré aussi avec les gens à travers de larges enquêtes. Des projets dans lesquels les électeurs se sont donc reconnus.

Si le PTB a réalisé une percée partout où il a présenté des listes, le score des écologistes a explosé en Wallonie et à Bruxelles. Mais ces résultats, certes encourageants, suffissent-ils à garantir un éventuel virage à gauche ? Peut-on classer à gauche un parti écolo qui profite certes de cette inquiétude profonde des gens face aux problèmes environnementaux mais qui ne conteste en rien la responsabilité que le système capitaliste y joue ? Et qui soutient les guerres de l'OTAN et les achats d'avions de chasse ? N'empêche, la percée des écologistes montre la prise de conscience réelle par de plus en plus de personnes des menaces sur leur santé et leur condition de vie si l'on continue de ne pas prendre ces problèmes (pollution, changement climatique…) à bras le corps.

Quelles alliances?

Certes, ce ne sera pas un mandat si facile à réaliser. D'autant que les ennemis se dévoilent, après la diatribe anti-PTB longue et bête de Di Ruppo (Président du PS) sur les écrans de la RTBF à la veille du scrutin, il y a eu aussi Zakia Khattabi (Co-présidente d'Ecolo): "A les suivre, le PTB prendra ses responsabilités au pouvoir quand les éléphants auront des ailes" ou encore Laurette Onkelinx (présidente de la fédération bruxelloise du PS) "Nous ne sommes pas comme le PTB, nous avons une conception différente de la liberté". Saluons toutefois la démarche de Catherine Moureaux (PS) de Molenbeek qui rompant avec le discours de Di Ruppo, a lancé un appel à discuter un programme de majorité avec le PTB. Sa démarche, rompant avec le Président du PS a créé du coup des émules ailleurs au sein du PS et un dialogue s'installe.

Cette édition du DR sera à l'impression avant qu'on ne connaisse le résultat des discussions à propos d'alliances possibles du PTB avec la majorité socialiste que ce soit à Charleroi, à Liège, à Molenbeek... Le fait que le PTB ait réclamé de prendre son temps et de mettre en avant le respect de son programme lors des négociations montre que ce parti veut que les éventuelles alliances reposent sur des engagements sérieux et vérifiables et pas seulement sur la vague d'un rejet.

A ce sujet, la campagne "qui enfle" au Nord du pays, moyennant une grande complaisance des médias, comparant toute alliance avec le PTB à la rupture d'un cordon sanitaire, démontre la panique qui hante la droite réactionnaire. Elle cherche à mettre dans le même sac l'extrême droite néo-fasciste et une vraie gauche qui à la différence du PS ne cherche pas à s'accommoder du système dominant mais à rompre avec lui. Ce genre de campagne montre que le chemin sera semé d'embûches

Ces résultats étaient attendus non pas par les instituts de sondages, ils étaient attendus par la jeunesse (n'oublions pas qu'il y avait près de 600.000 primo-votants). Ils étaient attendus par les couches populaires qui en ont ras-le-bol des mensonges des milieux gouvernementaux (MR pour le niveau fédéral, CDH-MR pour le niveau wallon et PS pour les niveaux wallons et bruxellois).

Voilà d'ou viennent ces résultats qui n'ont rien donc de surprenant.

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