L'Arbre qui cache la forêt

Les gigantesques incendies qui dévastent la forêt amazonienne ont ému et indigné l'opinion publique mondiale et ce, d'autant plus, que tout indique qu'à l'origine de cette catastrophe se trouve le projet politique du président brésilien Jair Bolsonaro visant à faire de ce "poumon" de l'humanité un gigantesque espace de négoce pour les grandes corporations de l'agro-industrie et de l'industrie minière. Il l'avait annoncé, noir sur blanc, dans son programme électoral où il dévoilait son projet de combattre les organisations des Indiens, des paysans et des défenseurs de la nature afin "d'intégrer l'Amazonie au reste du territoire national".

Mais combien d'hypocrisie parmi les indignés ! Le président Macron et l'Union européenne, poussaient des cris d'orfraie devant le sinistre en oubliant que la mondialisation néolibérale dont ils sont les promoteurs insignes a besoin du carburant fait à partir du soja; des espaces dégagés d'arbres pour pouvoir exploiter les réserves d'or du nord du Brésil etc. Pour le dire en deux mots, (nous reviendrons sur ce dossier dans notre prochain numéro) : le drame amazonien, illustre fidèlement la nature même d'un système ayant comme impératif absolu la recherche de profit.

Et c'est ce même système qui voudrait que tout ceci reste inconnu, que les grands scandales et faits de corruption, que les déforestations perpétrées pour faire du profit, que les mensonges préfabriqués pour justifier leurs guerres néocoloniales, restent dans l'obscurité la plus totale. Un système qui voudrait que l'on soit obligé pour s'informer de recourir à des médias devenus, dans leur immense majorité des instruments de sa seule communication. C'est la raison pour laquelle il faut absolument que Julien Assange reste silencieux à jamais; que Wikileaks cesse de dévoiler tant d'impostures qui sont à l'origine et l'expression de leur pouvoir. Que des militantes comme Chelsea Manning ne puissent continuer à donner des leçons de courage dans un monde qu'ils voudraient soumis pour toujours. Cette campagne contre les lanceurs d'alerte, contre la liberté d'expression et contre l'accès à l'information en toute transparence fait des émules chez nous comme on l'a vu avec la récente proposition de loi présentée par Didier Reynders. D'où l'urgence de rester attentifs à des projets attentatoires à la liberté d'expression qui se préparent en coulisses; et quelle meilleure manière de concrétiser notre attachement à cette liberté que de faire vivre l'exigence de libérer, sans plus tarder, Julian et Chelsea.

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