Au Brésil, les médecins cubains obligés de rentrer chez eux

Marc Tondeur, le .

Depuis 1963, c’est-à-dire 4 ans après l'arrivée de Fidel au pouvoir, la coopération médicale de Cuba au service des pays du tiers monde a eu lieu de manière totalement bénévole.. L’excellence des professionnels cubains s’est alors manifestée avec environ 30 000 médecins dans plus de 60 pays du Sud, essentiellement en Afrique et en Amérique Latine.

Puis, après la disparition de l’URSS en 1992, la crise gravissime qui s’est abattue sur Cuba a obligé celle-ci à modifier les termes de son aide unilatérale pour certains pays capables d'assurer une modeste rémunération. Ce fut le cas du Brésil où plus de 20 000 médecins cubains sont venus apporter leurs compétences dans plus de 36000 municipalités du pays (dont plus de 700 n'avaient jamais connu un médecin dans leur histoire !) et ont soigné gratuitement plus de 112000 patients. Or il se fait que le fasciste Bolsonaro, nouveau président du pays, qui s’est toujours opposé à la présence des médecins cubains prétend maintenant changer les termes de l’accord que Cuba avait passé avec le gouvernement de Lula. Bolsonaro trouve intolérable que la coopération cubaine profite aussi à l’état cubain qui récupère une partie importante de la rémunération des médecins pour continuer à offrir à sa population le meilleur service médical de tout le continent, la formation entièrement gratuite des nouveaux médecins dans les nombreuses facultés de l’île, sans oublier la coopération médicale gratuite offerte aux pays pauvres. Bolsonaro a encouragé les médecins à faire défection, leur a proposé de rester au Brésil où ils pourraient demander l’asile politique et priver ainsi Cuba des médecins qu’il a envoyé. Ses espoirs ont été déçus car malgré cette offre alléchante seuls 836 (sur 8471) ont décidé de rester.

Ainsi, la population pauvre du Brésil est désormais privée du savoir faire des médecins du pays de Fidel dont la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations Unies disait lors de sa visite dans l'Ile en 2014 « Nous souhaitons ardemment que tous les habitants de la planète puissent avoir accès à des services médicaux de qualité, comme à Cuba ».

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