Bahar Kimyongür : C'est mon engagement contre la guerre en Syrie qui suscite l'ire d'Erdogan

Militant infatigable de la solidarité internationale, né et éduqué en Belgique où il est licencié en histoire de l'Université libre de Bruxelles, Bahar Kimyongür n'a jamais oublié ses racines arabo-turques ni la conviction que ces racines le rapprochent, par un mécanisme de vases communicants, à tous les peuples en lutte. Opposant déterminé au projet de démantèlement de la Syrie concocté par une alliance trouble de l'impérialisme occidental, du sionisme et de l'obscurantisme islamique, notre invité ne cesse de dénoncer le rôle sinistre que joue dans ce projet le gouvernement turc sous la direction de Recep Erdogan.
Attitude insupportable pour ce dernier qui, à son tour, s'acharne sur Bahar en cherchant, avec la complicité des gouvernements européens, à obtenir son extradition de manière à lui faire payer, à sa manière, son délit d'insoumission. C'est ainsi que Bahar se trouve actuellement privé de liberté en Italie d'où il nous fait part de son regard sur sa situation et, au-delà, sur les luttes dans lesquelles il est engagé.

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La Syrie où le scénario de violences importées

Comme dans tout conflit, rechercher le " bon " et le " méchant " est stérile car chaque protagoniste défend des intérêts et une vision qui correspondent  à ceux d'un groupe donné pour lequel chacun est en droit d'éprouver sympathie ou antipathie. Il faut donc examiner qui représente quel intérêt dans le conflit syrien avant toute prise de position. Il est clair que, à la différence des premiers mois de tensions en Syrie où chaque camp prétendait représenter l'intérêt du peuple syrien, aujourd'hui, chacun est lié à un réseau international qui a transformé un conflit qui n'a en fait jamais été vraiment " local " en un conflit international dans lequel le territoire syrien sert de terrain de jeu à différents protagonistes.

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Le pillage de l'épargnant lambda

Au début des années cinquante, quand je suis entré à l'école communale, l'instituteur, M. Dumont, nous a donné une feuille à faire lire par nos parents. Aujourd'hui, on appelle cela un tract. Le texte, lu à haute voir par l'instituteur, incitait nos parents à nous ouvrir un carnet d'épargne à la Caisse Générale d'Epargne et de Retraite (CGER). En bons parents qu'ils étaient, ils m'ont encouragé à épargner. Je ne me rappelle plus si c'était tous les mois ou toutes les semaines. Ce dont je me souviens, c'est que M. Dumont ramassait les carnets le lundi et glissait l'argent à l'intérieur pour les déposer à la poste. En retour, nous recevions nos carnets avec un timbre correspondant à la somme déposée. Cette épargne était fructueuse et pédagogique. M. Dumont exigeait, que toute classe dépose une somme identique afin de gommer les différences entre les enfants issus de milieux sociaux dissemblables. J'ai appris plus tard qu'il n'hésitait pas à mettre la main à la poche pour combler l'épargne d'enfants moins fortunés. Il s'arrangeait ensuite avec la ligue des écoles officielles.

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