Afghanistan : « Ceci n'est pas un retrait »

La débandade fut si brusque que sa fulgurance risque de nous détourner des enjeux moins visibles de cet épisode historique. Certes, le spectacle ne pouvait pas être plus humiliant pour la première puissance militaire du monde. Se résigner à constater, hébétés, la prise de Kaboul par ces paysans aux kalachnikovs et en sandales constitue sans doute le summum de l'affront. Peut-on pour autant conclure, comme certains observateurs de gauche se pressent de le faire, que nous assisterions à une grande débâcle politico-militaire des États-Unis et, de manière concomitante, à une victoire anti-impérialiste ? Voire même progressiste, dont le devoir de la gauche serait de la soutenir ? Et si cette supposée « défaite », si ce retrait, n'était pas plutôt le premier pas d'un redéploiement de forces dans le cadre d'un projet impérial d'une toute autre envergure; un pas en arrière, concocté par le "Deep state", pour mieux sauter ? Plus interpellant encore, on peut bien entendu se féliciter de la défaite de ce perdant-là ; mais quid de ce vainqueur et de sa victoire ?

Nous pensons que l'idée d'une grosse défaite américaine doit être relativisée. Certes, il est évident que les dégâts dérivés de la gestion de ce repli sont colossaux pour l'image de sa diplomatie. En ce sens, les assurances du président américain, quelques semaines seulement avant la victoire talibane, selon lesquelles la chute de la capitale afghane était « hautement improbable », ont révélé le niveau de qualité des services de renseignement de son administration. Le secrétaire d'État Anthony Blinken faisait, pour sa part, un curieux bilan de l'intervention américaine. À l'entendre, il y avait lieu d'être plutôt satisfait car « on a fait le job » en tuant Ben Laden : « Nous sommes allés en Afghanistan il y a 20 ans avec un seul objectif, celui de nous occuper de ceux qui nous ont attaqués le 11 septembre […] Et cela, comme le souligne le président, a été un succès.[1] » Ces déclarations ont encore été surpassées par celle du secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg qui, après l'annonce de l'accord de Doha, annonçait, plein d'assurance : « nous ne partirons d'Afghanistan que lorsque les conditions seront réunies.[2]»

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Au Royaume-Uni, une réalité qui dépasse les scénarios les plus sophistiqués

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Partout dans le monde, la crise sanitaire, le corona virus, la covid sont les principaux et parfois les seuls sujets traités par les médias, en douce passent de nouvelles lois ou règlements; que ce soient sur les heures supplémentaires, les réquisitions, le développement de la 5G...

Et pendant ce temps là au Royaume-Uni ?

Les mêmes sujets y sont traités.

Les procédures d'extradition de Julian Assange se déroulent dans le silence médiatique.

Julian Assange reste enfermé, à l'isolement dans la seule attente de la décision concernant cette possible extradition vers les Etats-Unis.

Sa faute : révélation de crimes de guerre.

Pour les Etats-Unis, un espion.

Leurs sales secrets bien planqués ont été révélés au public. Difficile quand de plus en plus de monde sait que la torture est pratiquée, que des personnes sont enfermées suspendues au plafond de leur cellule, que des familles sont décimées par de jeunes soldats incapables de dominer une situation et tirant à l'aveugle, que des enfants, des hommes, des femmes sont assassinés, difficile quand le public sait qu'il y a des milliers de morts civils, difficile de continuer. Le rapport de force peut changer.

Il existe des textes officiels qui qualifient ces faits, des crimes de guerre et qui permettent d'en condamner les auteurs.

Mais s'ils restent tus ! Cachés ! Alors les Etats-Unis peuvent continuer de mener leurs guerres "humanitaires" qui détruisent villes et population des pays qu'ils "libèrent".

Julian Assange a commis la faute : nous informer et maintenant, il doit payer.
C'est le fond de cette affaire...

Et pendant ce temps là au Royaume-Uni où Julian Assange reste enfermé ?

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Le bloc-notes du rédac’ en chef

Heureusement l'OTAN est toujours là…

John Bolton, l'ancien conseiller à la sécurité nationale du président Trump raconte, dans un documentaire diffusé par la chaîne Arte, comment, lors d'un sommet de l'OTAN à Bruxelles en 2018, le président Trump lui téléphone en commençant par l'alerter : « prépare-toi à entendre quelque chose d'énorme », puis continue : « je crois qu'on doit se retirer de l'OTAN ce matin ». Ce récit confirme, on le savait déjà, que l'ancien président à la mèche orange avait certaines idées très peu orthodoxes par rapport aux évangiles de l'État profond américain. Ce n'est donc pas un scoop.

Notre propos ici n'est pas tant de parler de ces quelques idées mais de l'éditorial du quotidien Le Soir de ce 12 juin, publié à l'occasion de la récente visite à Bruxelles du président Joe Biden. L’édito, signé par l'éditorialiste en chef du journal, Béatrice Delvaux, rappelle justement le témoignage de Bolton que nous venons de mentionner. La journaliste ne peut cacher sa panique rétroactive à la seule idée que l'OTAN aurait pu s'effacer et disparaître. Elle évoque ainsi « la folie Trump » et comme conséquence « la sidération, la déstabilisation, la peur aussi face à ce président qui bouscule l'ordre du monde » ; « la probabilité élevée de passer près d'une catastrophe ». L'éditorialiste conclut, visiblement rassurée et heureuse : « Trump n'est plus président mais l'OTAN est toujours bien là », soulignant « la chance des Européens d'avoir retrouvé avec Joe Biden un partenaire de géopolitiques mondiales outre-Atlantique. »

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Aube Dorée reconnue comme organisation criminelle !

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Le samedi 3 octobre, devant la gare centrale à Bruxelles, nous étions environ 200 à manifester contre la montée des groupes d'extrême-droite et à dire que l'extrême-droite est criminelle.

La semaine précédente, le Vlaams Belang avait amené aux portes de Bruxelles une manifestation qu'il était très interpellant d'avoir vu tolérée et rencontrer si peu..., aucun obstacle...

Nous y pensions donc, alors que nous répondions à l'appel de différentes organisations dont le CADTM, l'Initiative de Solidarité avec la Grèce qui résiste, la CGSP-ALR..., une manifestation pour rappeler que le mercredi suivant le 7 octobre, les verdicts tomberaient à la cour pénale d'Athènes à propos d'Aube Dorée.

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L’écologie est-elle soluble dans le capitalisme ?

La très nette poussée du parti Ecolo aux dernières élections et dans les sondages a provoqué une assez amusante ‘course à l’échalote’ (bio) : c’est à qui, au centre, à ‘gauche’ PS ou tout à fait à droite, se montrera soudain le plus préoccupé par les questions environnementales et par la lutte contre le réchauffement climatique. Y a-t-il une chance pour que l’économie libérale de marché, qui est l’horizon indépassable pour tous ces partis, deviennent ‘verte’ ?

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