L’ombre brune s’étend en Amérique latine
Après la victoire du pinochetiste Kast dans la patrie d’Allende, celle de Nasry Asura imposé par Trump au Honduras, de Rodrigo Paz en Bolivie et de Keiko Fujimori au Pérou, la Colombie semble devoir s’ajouter à la liste des pays soumis aux intérêts les plus sordides de l’empire yankee.
Donald Trump avait donc raison de se vanter du succès d’Abelardo de la Espriella, le nouvel élu colombien : « Il était en dixième position. Je l'ai soutenu et il a remporté l'élection. Il m'a appelé hier soir pour me remercier de mon soutien. »[1]. De son côté, Netanyahou, ne cachait pas sa joie en s’adressant à Espriella : « …je me réjouis de travailler avec vous ».
Le bonheur de ce dernier est bien compréhensible, car il avait conclu avec l’Argentin Milei, en avril 2026, lesdits « Accords d’Isaac » inspirés des « Accords d’Abraham » visant à étendre et approfondir l’influence sioniste au Moyen-Orient. Avec le même objectif, ceux d’Isaac ciblent l’Amérique latine.
C’est donc une nouvelle édition du projet du couple Washington – Tel Aviv qui risque d’être mis en œuvre à Bogota. Edifiant : le millionnaire Espriella, avocat des narcotrafiquants, annonce qu’il nourrira « de pain et d’eau » les presque 130 000 prisonniers qui peuplent les geôles du pays. Voilà le régime qui remplacera celui de Petro qui, en en quatre années, avait réussi à diminuer la pauvreté de 36,6 % à 28,0 % en 2026 ; un total de près de 4 millions de personnes sont sorties de la pauvreté au cours de son mandat.
Tout indique que, pour Trump et Netanyahou, lorsque les bilans dans le domaine social sont positifs, ceux-ci deviennent insupportables et il faut, dès lors, anéantir les gouvernements qui les portent. Ainsi, après la mise sous tutelle du Venezuela, ils essaient de soumettre Cuba, pays qui reste, malgré plus de soixante ans de sanctions et de sabotages criminels, un pays phare au-delà de la seule Amérique laine, particulièrement dans les domaines de l’éducation et la santé.
Ces résultats électoraux représentent des défaites évidentes de la gauche marxiste latino-américaine, et plus largement de la gauche progressiste. Le rôle de l’agression impérialiste dans ce triste bilan, est également évident ; mais il serait incorrect de réduire l’explication de ces défaites à cette agression. Le temps est peut-être venu de se poser des questions, de réviser certaines de nos certitudes, de tirer des leçons de ces expériences.
[1] Shola Lawal et Anadolu, Why is Israel being accused of meddling in Colombia presidential election?, Aljazeera, 23 juin 2026.

