Les 'carburants verts' de Belgique et d'Europe saccagent le reste du monde

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Ce samedi 14 septembre, des ONG dont 11.11.11, FIAN et Oxfam ont organisé des actions de sensibilisation devant plusieurs pompes à essence du pays. L’éthanol et le biodiesel incorporés dans nos carburants sont à 97% faits à partir de produits alimentaires (maïs, soja, huile de palme…), dénoncent-elles.

« Les céréales transformées en bioéthanol correspondent à la consommation annuelle de céréales de 2,3 millions de personnes et les huiles végétales transformées en biodiesel correspondent à la consommation d’huile de 17 millions de personnes. [...] il aura fallu en 2018 plus de 5.000 km² de surface agricole productive pour cultiver les céréales, sucres et huiles végétales utilisés pour produire les agrocarburants vendus en Belgique. Cette superficie est supérieure à celle des Provinces de Namur et du Brabant wallon réunies. »

Pour "faire vert", la Belgique a décidé dans son "Plan énergie-climat" européen que la part des biocarburant passe de 5,5% à 14% d'ici 2030 ; bientôt sera disponible dans les pompes belges la "E85", composée à 85% de bioethanol. Et la Belgique n'est pas une exception dans l'Union Européenne.

Plus du quart des aliments qui terminent dans les bagnoles européennes proviennent de pays frappés par la déforestation massive, liée aux cultures industrielles de soja, d’huile de palme ou de canne à sucre, tels que le Brésil ou l'Indonésie. La pression économique dûe au développement massif des agrocarburants contribue donc directement à la déforestation.

L'"indignation" des vertueux dirigeants européens face aux incendies en Amazonie ne changera rien à cette réalité.

Communiqué commun des Organisations (11.11.11, IAN, Oxfam-Belgique)

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