D’Ieteren, Logistics Nivelles… on n’en est pas encore à une économie au service de l’humain
Martin WILLEMS, secrétaire syndical CSC-United Freelancers
Des dépenses publiques qui abreuvent les entreprises
Dans sa chronique matinale (Les coulisses du pouvoir, sur La Première radio de la RTBF), le 29 septembre, le journaliste Bertrand Henne faisait état d’une étude surprenante de la Banque nationale. Il en ressort que les dépenses publiques de la Belgique sont beaucoup plus importantes que celles de ses trois grands voisins (France, Pays-Bas et Allemagne) dans les subsides salariaux aux entreprises, c’est-à-dire toutes les mesures prises pour faire baisser le coût du travail pour les entreprises, notamment : l’exonération ou la baisse des cotisations sociales payées par les employeurs, les terrains concédés à faible prix et les infrastructures prises en charge par les autorités.
Toutes dépenses dont il est maintenant bien établi qu’elles n’aident en rien à la création ni au maintien de l’emploi, n’étant jamais soumises à conditions. Une entreprise ne va pas engager un travailleur, même subsidié, dont elle n’aurait pas vraiment besoin.
Par contre, la Belgique dépense moins que ses voisins dans la protection sociale : chômage, logement, pensions… Ainsi, ceux (le patronat) qui nous rabâchent à longueur d’année que notre protection sociale coûterait trop cher, qu’il faudrait baisser les allocations de chômage, les pensions et sortir de la logique de l’État social, sont en fait… ceux qui nous coûtent cher. Les véritables assistés ne sont visiblement pas les allocataires sociaux, mais les entreprises. Que ces aides ne soient pas conditionnées à la création d’emplois, à leur remboursement en cas de diminution de l’emploi, et ne soient pas réservées aux entreprises en difficulté, que le public paie des aides généreuses à des entreprises qui régalent ensuite leurs actionnaires de dividendes, est un scandale.



