UKRAINE : la face cachée des choses (Première partie)

A la rentrée 2017, le président Macron chargeait son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb de lancer un programme de collaboration entre les forces policières françaises et ukrainiennes. C’est ainsi que fut signé, fin novembre, un accord de collaboration entre le ministre français et son homologue ukrainien Arsen Avakov, visant le renforcement de la gendarmerie ukrainienne. Emmanuel Macron a participé pendant trois ans aux réunions autour du dossier ukrainien dans le cadre des accords de Minsk et connaissait donc bien la situation de détresse générale du pays, mais il fit néanmoins le curieux choix de privilégier le domaine sécuritaire de ce pays pour témoigner de l’aide française[1].

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Soutien des pacifistes aux livraisons d'armes à l'Ukraine ?

Le dimanche 27 mars, se tenait une manifestation pour la paix en Ukraine, convoquée notamment par la CNAPD francophone, le mouvement flamand Vrede et les syndicats. Trois à quatre mille personnes ont défilé de la gare du Nord à la gare centrale de Bruxelles. Sur le podium des organisateurs plusieurs interventions pour la paix et pour l'accueil des réfugiés ont été prononcées.

Ni OTAN

Un des rares calicots dénonçant l'OTAN vus à la manif

Si tout le monde a condamné, à raison, l'invasion russe de l'Ukraine, personne n'a évoqué la responsabilité fondamentale de l'OTAN dans le déclenchement de cette guerre.

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Europe Forteresse, Europe de la honte

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Théorore Géricault (1791-1824): Le radeau de la Méduse, Musée du Louvre, Paris

 

Notre soleil, par les côtes du Maghreb rend compte jour après jour, du trajet de vie, du parcours (c’est le sens que prend le mot soleil dans cette partie de l’Afrique). En Occident, soleil connote plutôt les notions de lumière, chaleur et espoir. C’est pourquoi ce titre a été choisi par Fran Kourouma, jeune Guinéen âgé d'à peine vingt ans, qui se fonde sur son expérience pour répondre à ces questions fondamentales :

Où va le monde d’aujourd’hui? Pourquoi sur la terre africaine, des frères de sang, aux ancêtres communs, frères du même continent, s’entre-tuent pour les plus viles raisons: l’argent au-dessus de tout ou la loi du plus fort ?

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Trump, le deep state et le putsch d'avril 2017 (40 % de fiction)

Le jeudi 30 mars 2017, à Ankara, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson déclare lors d'une conférence de presse avec son homologue turc Mevlet Cavucoglu que « le sort du président Assad sera décidé par le peuple syrien lui-même [[1]]. » Le jour même à Washington, l'ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, récidive en annonçant aux journalistes que « (…) les États Unis n'allaient pas se focaliser sur le sort de Bachar el-Assad de la même façon que l'administration précédente. » et ajoutait que « (…) notre priorité n'est plus à nous concentrer pour faire partir Assad [[2]]. »

Que ce soit le peuple syrien qui décide ? Que notre priorité ne soit plus celle de chasser Assad ? Ça va pas la tête, non ?? Tout indique que la ligne rouge, la vraie, risque d'être lourdement franchie.

« Trop c'est trop », s'est dit monsieur l'État profond qui s’empresse alors de rendre visite au président, le 5 avril tard le soir et sans prévenir, pour lui dire sans trop de précautions : « Monsieur le Président, votre situation est très vulnérable ; votre projet d'annuler l'Obamacare ne marche pas, la construction du mur avec le Mexique non plus, l'interdiction d'entrée dans le pays des musulmans est un échec partout, votre situation au parlement est très précaire, y compris au sein de votre parti et, surtout, le projet de budget ne sera pas approuvé lors des sessions à la fin de ce mois. Autrement dit, vous risquez d'être un chômeur de plus en Amérique d'ici quelques jours. Sauf si… »

« Sauf quoi ? », interroge encore surpris le président. « Sauf, répond froidement monsieur l'État profond, si vous réorientez sans tarder votre politique concernant la Syrie en la punissant militairement après-demain pour les soi-disant attaques chimiques à Idlib. »

Deux jours plus tard, le 7 avril au matin, Donald lançait non pas, cette fois, cinquante-neuf tweets mais ses cinquante-neuf premiers missiles de croisière Tomahawk sur le territoire syrien.

 


[1]        Raziye Akkoc and Fulya Ozerkan, « Tillerson says Assad's fate up to Syrian people. », Yahoo!news, March 30, 2017, voir : https://news.yahoo.com/tillerson-says-assads-long-term-status-syrian-people-135619972.html?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6

[2]        Michelle Nichols, « U.S. priority on Syria no longer focused on 'getting Assad out' (Haley) », Reuters, March 30, 2017, voir : https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-usa-haley/u-s-priority-on-syria-no-longer-focused-on-getting-assad-out-haley-idUSKBN1712QL

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Rejet de l'appel de Julian Assange

Ce 14 mars, la Cour suprême britannique a rejeté l'appel de Julian Assange, qui contestait son extradition vers les Etats-Unis. En première instance, la magistrate avait refusé l’extradition au motif du danger qu’Assange se suicide, en raison des conditions drastiques auxquelles il serait soumis dans les prisons des Etats-Unis (prison supermax, régime d’incarcération semblable à celui des terroristes, etc). Les Etats-Unis avaient interjeté appel de cette décision, en présentant des garanties de bon traitement, et obtenu gain de cause devant la Cour d’appel – en dépit du caractère peu convaincant de leurs arguments au regard d’expériences antérieures. « Trop facile de venir avec ça après le jugement », avaient rétorqué les avocats d’Assange, qui avaient porté l’affaire devant la Cour suprême avec plusieurs arguments. 

La décision de la Cour suprême n’est pas vraiment une surprise. Une particularité - d’ailleurs très contestable – du système judiciaire britannique, est que les possibilités d’appel sont soumises à une forme d’« autorisation préalable » et la Cour n'avait autorisé l’examen que d’un seul des motifs exposés par la défense, sur la question de savoir si la juge de première instance aurait dû demander aux Etats-Unis des garanties sur le régime carcéral, ou si les Etats-Unis auraient dû les apporter spontanément. La Cour suprême rejette l’argument de la défense d’Assange.

Le jugement de première instance, qui refusait l’extradition, est donc réformé, et il appartient à présent à la ministre de l’Intérieur, Priti Patel, de décider de l’extradition de Julian Assange. La position du gouvernement de Boris Johnson à l’égard des USA dans un contexte post-brexit, et la position générale de cette ministre particulièrement répressive laissent penser qu’elle se prononcera en faveur de l’extradition.

Mais contrairement à ce que certains médias laissent entendre, ce n’est pas la fin de la procédure. Au contraire, on peut même dire qu’on arrive au cœur de cette affaire. Car la défense va maintenant contester une éventuelle décision d’extradition par la Ministre sur la base d’autres arguments, qui n’ont pas encore pu être examinés jusqu’ici – car la défense attendait d’abord l’issue de la question de la santé d’Assange en cas d’extradition. Dans sa note de contr’appel introduite en avril 2021 [1], elle avait en effet bien précisé qu’en cas de succès des USA sur l’argument extradition/santé, elle interjetterait appel sur tous les motifs qu’elle avait invoqués en première instance et que la magistrate avait rejetés, relatifs à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, et au caractère politique de la demande américaine d’extradition.

Il s’agit de l’enjeu majeur de ce procès d’extradition. Il serait navrant et même dramatique que tous les défenseurs de la liberté de la presse, d’informer et d’être informés, y compris les médias, associations de journalistes et autres, ne s’expriment pas maintenant fortement pour empêcher cette extradition.

[1] cf https://www.tareqhaddad.com/wp-content/uploads/2021/08/2021.04.06-%E2%80%93-Assange-Extradition-Hearings-%E2%80%93Notice_of_Objection_and_Submissions_on_Approach_to_Appeal.pdf , plus particulièrement pages 33 à 41

Belgium4Assange - Comité Free.Assange.Belgium

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Enfin, la justice s'intéresse.

L'ASSASSINAT DE THOMAS SANKARA

Marc PIERRET

Ce 10 octobre, le procès des assassins de Thomas Sankara et de ses camarades s’est ouvert à Ouagadougou. Ce qui suscite l’espoir d’obtenir enfin la vérité sur les événements du 15 octobre 1987 au Burkina Faso.

Quatorze personnes sont dans le box des accusés, et deux absents de taille : Hyacinthe Kafando, soupçonné d’avoir dirigé le commando qui a tué Thomas Sankara et l'ancien président Blaise Compaoré, accusé d’avoir commandité le crime. Ce dernier vit en exil en Côte d’Ivoire et se targue de son immunité. L’un et l’autre sont accusés de complicité d’assassinat, de recel de cadavre et d’attentat à la sûreté de l’État.

Une demi-douzaine de personnes de l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré ont déjà été inculpées pour les mêmes raisons dans cette affaire. Parmi elles, figure le général Gilbert Diendéré, chef de l’armée au moment des faits et auteur d'un putsch manqué en septembre 2015.

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